un dragon vert au cœur d'une forêt

Les Dragons de Donjons & Dragons Chapitre VI — Le Dragon Vert : Manipulateur et Maître des Forêts

1. Apparence et nature

Le Dragon Vert est l’une des créatures les plus déroutantes de tout l’univers de Donjons & Dragons. Là où les autres dragons dominent par la force ou la terreur brute, lui règne grâce à la perfidie et à la ruse. Ses écailles, d’un vert profond aux reflets émeraude, évoquent l’écorce humide d’arbres centenaires. Son corps long et souple lui permet de se mouvoir dans la forêt avec une aisance presque surnaturelle, disparaissant entre les branches comme s’il n’en avait jamais fait partie.

Son visage étroit, marqué par deux yeux d’un vert jaunâtre, inspire un malaise immédiat. Ces pupilles sinueuses semblent lire les pensées, disséquer les intentions, sonder les faiblesses humaines. Rien chez ce dragon n’évoque la noblesse : son regard est celui d’un prédateur qui réfléchit avant d’agir.

2. Habitat et territoire

Les Dragons Verts choisissent les forêts les plus vastes, les plus profondes, celles où les voyageurs se perdent malgré eux. L’humidité y colle à la peau, les racines forment des pièges naturels et les clairières apparaissent et disparaissent comme des illusions. C’est un royaume de silence pesant, où chaque craquement de branche semble annoncer une menace.

Leur repaire se niche dans les endroits les plus reculés, souvent sous un arbre colossal ou dans une caverne tapissée de mousse. La forêt elle-même paraît s’organiser autour de ces dragons, comme si les plantes répondaient à leur volonté. Les ruisseaux changent de cours, les sentiers s’effacent, et les sons se perdent entre les feuillages, emprisonnés dans un labyrinthe végétal façonné par le maître des lieux.

3. Personnalité et comportement

Parmi les dragons chromatiques, le Dragon Vert est peut-être celui qui comprend le mieux les mortels. Il sait reconnaître un mensonge, percevoir la jalousie, détecter l’orgueil, et transformer chacune de ces faiblesses en une arme. Là où d’autres dragons dominent par la force brute, lui préfère manipuler discrètement, tirer les ficelles, faire naître les conflits pour mieux régner dans l’ombre.

Il n’éprouve pas la même cruauté sauvage qu’un Dragon Noir, ni l’arrogance flamboyante d’un Dragon Rouge. Sa méchanceté est plus raffinée, plus subtile. Il parle rarement fort. Sa voix, douce et calme, peut faire douter, séduire, convaincre. Ses mensonges sont si habiles qu’ils ressemblent parfois à des vérités.

4. Pouvoirs et souffle

Son souffle est un nuage de poison, une brume épaisse et verdâtre capable de brûler les poumons et d’aveugler ceux qui y sont pris. Cette arme, à elle seule, suffit à faire fuir les groupes d’aventuriers les mieux préparés, car elle enveloppe les victimes dans une douleur suffocante et une confusion mentale qui les rend vulnérables.

Mais le véritable pouvoir du Dragon Vert réside dans son environnement. La forêt est son alliée. Les arbres cachent ses mouvements, les lianes ralentissent ceux qu’il traque, les racines dérobent les pas, et l’ombre elle-même semble se tordre pour brouiller la perception. Ce dragon n’est jamais là où on croit le voir : il glisse entre les arbres, surgit derrière un tronc, s’envole sans bruit, puis se dissipe dans la canopée avant qu’on ait pu réagir.

5. Culte et symbolisme

Certains mortels tombent sous son influence sans même s’en rendre compte. Villageois, druides, chefs de clans : tous peuvent être manipulés, convaincus qu’une voix venue de la forêt leur murmure la vérité. Pour eux, le Dragon Vert est un esprit ancien, un être de sagesse forestière, un guide. La réalité, plus sombre, révèle un manipulateur capable de corrompre l’âme la plus pure en jouant simplement sur ses désirs cachés.

Dans les légendes, il symbolise la corruption subtile, celle qui s’insinue dans les cœurs plutôt que d’abattre les corps. Les bardes racontent qu’il peut transformer un homme bon en tyran en quelques mots seulement, lui offrant visions, promesses, ou révélations mensongères.

6. Utilisation en jeu (MJ)

Pour un maître du jeu, le Dragon Vert est un trésor narratif. Il structure les intrigues non pas par la force, mais par l’influence. Une forêt qui enferme les voyageurs, une dispute qui se transforme en guerre, un chef charismatique qui devient soudain violent : chacun de ces événements peut être le signe que le dragon tire les ficelles dans l’ombre.

La rencontre finale avec lui n’est jamais un simple combat. C’est l’aboutissement d’un jeu de dupe où les aventuriers doivent découvrir la vérité, dénouer les mensonges, et affronter le maître manipulateur dans son royaume végétal, où chaque arbre devient un allié potentiel du dragon.

7. À la Taverne…

« Quand nous avons entendu la voix, nous pensions que c’était un druide. Ou peut-être un esprit de la forêt. Mais quand les arbres se sont mis à trembler et que les feuilles se sont ouvertes comme un rideau, nous avons compris que la forêt avait un maître… Et qu’il connaissait déjà nos secrets. »

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